Un nouveau test sanguin pour signaler la rémission ou la récidive d'un cancer de la gorge

Selon une étude, publiée en juin 2007, dans le journal médical Clinical Cancer Research, les scientifiques de l'institut national du cancer américain en collaboration avec des chercheurs de l'université du Michigan, ont isolé un test qui détecte des protéines habituellement retrouvées lors de la croissance de tumeurs. Ce test pourra un jour devenir un outil utile pour évaluer l'efficacité de la chimiothérapie et du traitement par irradiation chez les patients ayant un cancer avancé de la gorge.

Les auteurs ont montré que les patients souffrant de cancer de la gorge chez qui on a retrouvé une diminution du taux de plusieurs de ces protéines reliées aux cancers après chimiothérapie ou irradiation étaient plus que vraisemblablement ceux qui étaient restés en rémission, tandis que ceux chez qui on a trouvé une importante augmentation au cours du temps de ces protéines eurent plus fréquemment une récidive de leur cancer de la gorge. Ces résultats pourraient aider ? développer un test sanguin qui permettrait la détection de la récurrence d'un cancer de la gorge très précocement, quand il est encore temps d'envisager un traitement de seconde ligne tel que la chirurgie ou une thérapie médicamenteuse.

Selon le Dr James F. Battey, Jr., M.D., Ph.D. directeur ? l'institut national du cancer, les cancers de la tête et du cou sont insidieux parce que l'ablation chirurgicale de la tumeur peut endommager sévèrement la capacité d'une personne ? parler ou ? avaler. Un test sanguin qui permettrait aux médecins de surveiller de manière étroite des patients tout en épargnant leurs capacités vocales et leurs capacités alimentaires est un excellent exemple de l'approche personnalisée, prédictive que l'institut national du cancer préconise.

Il y a environ 20 ans la première méthode de traitement de cancers de la gorge était l'ablation chirurgicale de la tumeur. étant donné que le traitement peut sévèrement altérer la qualité de vie d'un patient en endommageant ses capacités vocales et alimentaires, beaucoup de médecins et de patients optent actuellement dans la plupart des cas pour la combinaison d'une chimiothérapie et d'une irradiation comme traitement de première ligne. Cependant il n'y a aucun moyen de prédire quels seront les patients qui vont répondre favorablement ? ce traitement, ni si une tumeur va récidiver. Les examens cliniques, les rayons X et la résonance magnétique sont couramment utilisés pour surveiller les patients mais l'observation par ces méthodes est difficile étant donné les cicatrices consécutives ? l'irradiation.

Trouver de meilleurs marqueurs pour détecter le cancer lorsqu'il débute et ensuite surveiller le traitement est un des buts majeur de l'institut national du cancer. Cette recherche est un exemple excellent du type de collaboration que l'on peut trouver entre différents centres relevant de l'institut national du cancer.

Dans l'étude ? long terme, les auteurs y compris les chercheurs de l'université du Michigan, ont testé le sang de 30 patients qui avaient re?u une chimiothérapie et une irradiation comme traitement d'un cancer avancé de la gorge. En débutant les tests sanguins immédiatement avant le traitement et en continuant tous les trois mois pendant 12 mois, ils ont évalué les taux de cinq protéines que des études précédentes avaient montré être fréquemment élevées dans les cancers de la tête et du cou. Ces protéines ont inclu deux cytokines et trois facteurs endothélial de croissance. Ces cytokines et ces facteurs de croissance jouent un rôle important dans la réponse inflammatoire de l'organisme, dans la croissance cellulaire et dans la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins. Etant donné que les chercheurs ont utilisé une technologie qui peut analyser de manière simultanée la concentration de chaque protéine seul un petit échantillon de sang est nécessaire pour pratiquer le test.

La majorité des patients ont eu une réponse complète aux traitements. Les patients dont les taux sanguins de ces cytokines et facteurs de croissance demeuraient peu élevés après la thérapeutique furent ceux qui restèrent en rémission. Les patients qui ont eu une large augmentation des taux des protéines furent ceux qui ont eu une nouvelle croissance du cancer ou qui décédèrent.

Etant donné que la production de ces facteurs de croissance ou de ces cytokines est contrôlée par un même régulateur connu sous le nom de kappa B, les chercheurs suggèrent que cette protéine pourrait représenter une nouvelle cible thérapeutique. Des médicaments qui inhibent le facteur kappa B sont actuellement testés ? l'institut national du cancer et dans d'autres centres.

Les chercheurs notent que quelques patients ont eu des élévations des taux de cytokines ? cause d'autres maladies et pas ? cause du cancer de la gorge. Dès lors ils préconisent des études ultérieures dans de plus larges groupes de patients pour confirmer si ce test pourrait devenir un outil utile pour surveiller la croissance du cancer. Ils notent en outre que ces protéines ont été détectées dans le sang de patients ayant des cancers du sein, des ovaires et d'autres cancers. Ilsl suggèrent que cette technique pourrait, dès lors, avoir des applications plus larges comme la surveillance d'autres formes de cancer. Des études ultérieures seront, ? leur avis, nécessaires chez les patients ayant ces autres types de cancers.


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Publiť le 04-06-2007




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