Une clef de la fertilité masculine

Jusqu'? présent, seules des mutations du récepteur de l'hormone LH permettaient d'expliquer une puberté précoce chez les gar?ons Une équipe de l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, CNRS / Inserm / Université de Strasbourg 1), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Dallas et de l'Université de Louvain, vient d'identifier un régulateur clef de la fertilité masculine : la protéine SHP. Son implication majeure dans le contr?le de la synthèse de la testostérone et dans la différenciation des cellules germinales au sein des testicules de souris a ainsi été mise en évidence. Ces travaux publiés, dans la revue Genes and Development, suggèrent que les voies de signalisation contr?lées par SHP méritent d'?tre explorées chez les hommes présentant des troubles de la fertilité.

La puberté résulte de modifications endocriniennes programmées dès la différenciation sexuelle chez l'embryon et le foetus. Elle se caractérise par des modifications anatomiques : maturation des caractères sexuels primaires (pénis, scrotum, testicules) et apparition des caractères sexuels secondaires (pilosité, mue de la voix, croissance...). Ces changements dépendent du fonctionnement du cerveau et notamment d'une glande neuroendocrinienne, l'hypophyse, qui sécrète deux hormones : la FSH et la LH. Ces deux hormones agissent sur les testicules et provoquent la production de sperme ainsi que la sécrétion de la testostérone. Cette hormone est notamment responsable du développement des caractères sexuels secondaires chez les gar?ons. A l'heure actuelle, les mutations du récepteur de la LH sont les seules causes connues de puberté précoce chez les gar?ons, démontrant l'importance de cette voie de signalisation dans le contr?le du système endocrinien.

A l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire, un nouvel acteur impliqué dans la maturation sexuelle chez les souris m?les, la protéine SHP, a été identifié. Pour l'équipe de Johan Auwerx, il s'agissait de mieux comprendre le déclenchement de la synthèse de testostérone au niveau testiculaire, en étudiant le r?le de cette protéine.

Deux modèles de souris ont été considérés : le premier possédait cette protéine alors que le second n'en avait pas. Le résultat a été étonnant : les souris dépourvues de SHP sont capables de se reproduire environ une semaine plus t?t que les souris témoins. Une différence notable étant donné qu'en règle générale les souris m?les sont sexuellement matures dès 7 ? 8 semaines. De plus, les souris sans SHP, indépendamment d'une activité accrue de l'hypophyse, produisent davantage de testostérone précocement, entra?nant une maturation prématurée des caractères sexuels primaires. En parallèle, la protéine SHP contr?le le timing de la différenciation des cellules germinales en inhibant le métabolisme des acides rétino?ques.

Des études complémentaires sont indispensables pour comprendre l'ensemble des mécanismes impliqués dans la maturation sexuelle chez les gar?ons. Toutefois, ces résultats définissent d'ores et déj? un nouvel acteur impliqué dans le contr?le de la fertilité masculine.

Aussi, des mutations de la protéine SHP pourraient ?tre recherchées afin de mieux comprendre certaines pubertés précoces aux causes encore inconnues. Il faut également souligner que SHP, de par sa famille d'appartenance, est une cible thérapeutique potentielle gr?ce au développement de nouveaux ligands synthétiques. Ces travaux ouvrent donc de nouvelles perspectives de recherche en vue d'améliorer la production des spermatozo?des chez les hommes présentant des troubles de fertilité.

Communiqué de l'Inserm


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Publiť le 09-03-2007




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