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Une stratégie d'immunothérapie pour prévenir le diabète type 1
L'équipe de Roland Liblau, Directeur du Département - Immunologie et maladies infectieuses - au sein de l'unité Inserm 563 (h?pital Purpan, Toulouse), en collaboration avec une équipe allemande du MDC, a testé avec succès une thérapie permettant, chez la souris, de prévenir l'apparition du diabète de type 1. Ses travaux font l'objet d'un article dans les PNAS du 29 mai 2007.
Le diabète de type 1 (dit diabète juvénile ou diabète insulino-dépendant) est une affection auto-immune qui touche environ 200.000 personnes en France. La maladie se déclare habituellement avant 20 ans et se traduit par une destruction progressive des cellules béta du pancréas. Chez la personne atteinte de diabète de type 1, certains lymphocytes T reconnaissent les antigènes du pancréas comme des antigènes du non-Soi et, par conséquent, les détruisent. Ils sont appelés - pathogènes -, ? la différence des lymphocytes T - normaux -, qui détruisent uniquement des corps étrangers (virus ou bactéries). Les antigènes reconnus par ces lymphocytes T pathogènes commencent ? ?tre identifiés chez l'homme ouvrant la voie ? des stratégies d'intervention thérapeutique visant ? inhiber sélectivement ces lymphocytes T.
Roland Liblau et son équipe ont développé un modèle de souris, mimant le diabète auto-immun, de fa?on ? tester, dans le cadre d'une approche pré-clinique, une nouvelle modalité d'immunothérapie. Celle-ci repose sur l'injection intraveineuse de peptides composés de multiples copies de l'antigène du pancréas reconnu afin de stimuler massivement les lymphocytes spécifiques. Dans ce modèle, de très faibles doses de ce composé sont capables de bloquer la survenue de la maladie. Deux mécanismes sont impliqués : l'élimination d'une large proportion des lymphocytes T auto-réactifs pathogènes et l'accumulation dans le pancréas de lymphocytes régulateurs.
Les chercheurs démontrent que cette stratégie permet de rétablir l'équilibre entre lymphocytes T auto-agressifs et lymphocytes régulateurs, altéré lors du développement de la maladie. Enfin, et c'est un des intér?ts majeurs de cette nouvelle approche, cette stratégie thérapeutique n'altère pas la réponse immunitaire. Elle est spécifique. Seuls les lymphocytes pathogènes, dirigés contre les antigènes du Soi, sont détruits. Le traitement actuel du diabète de type 1 repose sur l'insuline. Des traitements préventifs sont en cours d'évaluation.
Le traitement des affections auto-immunes fait largement appel aux molécules immunosuppressives. Ces médicaments, non spécifiques, ont cependant des effets secondaires. Ils affectent en effet tous les lymphocytes y compris ceux qui protègent l'organisme contre les agressions extérieures, rendant les patients atteints de maladies auto-immunes plus vulnérables aux infections.
D'autres antigènes du pancréas susceptibles d'?tre reconnus par ces lymphocytes T pathogènes, restent ? identifier, avant d'envisager les essais sur l'Homme.
Publié le 11-06-2007