Pour un élargissement du test de dépistage du VIH

Dans un article ? para?tre dans le British Medical Journal le 30 Juin 2007, des chercheurs fran?ais recommandent un élargissement du dépistage du VIH ( hiv - sida ) aux personnes ayant un faible risque d'infection. Ces recommandations sont émises par Cyrille Delpierre (Unité Inserm 558 - Epidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps -, Toulouse), Lise Cuzin (H?pital Purpan, Toulouse) et France Lert (Unité Inserm 687 - Santé publique et épidémiologie des déterminants professionnels et sociaux de la santé -). Elles reposent sur une analyse de la littérature, en particulier les données de surveillance de l'INVS, les résultats des enqu?tes ANRS ORS KABP et ANRS VESPA ainsi que ceux de la cohorte Nadis.

La France est l'un des pays d'Europe o? la pratique du dépistage du VIH est la plus élevée. Néanmoins, une proportion élevée de patients sont détectés ? un stade avancé de l'infection. Ainsi, sur 7000 cas diagnostiqués en 2004, 3000 étaient au stade Sida ou avaient un nombre de CD4 inférieur ? 200.

Cette situation a un impact important en santé publique : un diagnostic tardif augmente le risque de mortalité. On estime que chaque année en France, chez les personnes infectées par le VIH, un décès sur cinq concerne des personnes ayant découvert leur séropositivité dans l'année qui précède le décès. Un diagnostic porté avec retard se traduit par un risque d'infection accru au sein de la population. Conna?tre son statut sérologique encourage les comportements de prévention, conduit éventuellement ? la mise en route d'un traitement, diminuant ainsi le risque de transmission du VIH.

Les chercheurs ont examiné les données disponibles. En ce qui concerne la France, ils se sont appuyés principalement sur les données de surveillance de l'INVS, et les résultats des enqu?tes ANRS ORS KABP, ANRS VESPA1. et des données de la cohorte Nadis.

Ils observent que le diagnostic est porté plus t?t chez les femmes et dans les groupes très exposés, comme les homosexuels masculins, les jeunes et les personnes ayant eu un nombre élevé de partenaires.

Le dépistage tardif de l'infection concerne, en revanche, en majorité des personnes plus ?gées, pour la plupart des hommes, hétérosexuels, vivant en couple depuis plusieurs années et ayant des enfants. Il s'avère que ceux-ci ne sont pas une cible privilégiée d'incitation au dépistage.

Les migrants sont dépistés ? un stade avancé de l'infection. Ce qui tient ? la difficulté d'accès au dépistage dans leurs pays. Le dépistage s'effectue souvent dans l'année de leur arrivée en France et tend ? s'améliorer dans les dernières années.

Les chercheurs recommandent qu'en complément des orientations actuelles, le dépistage soit élargi et proposé en routine dans le cadre de consultations médicales. Il appartient au médecin généraliste de proposer ? ses patients de conna?tre leur statut, y compris ? ceux qui a priori semblent peu exposés au risque de contamination.

Ces recommandations s'inscrivent dans la nécessité de placer le dépistage et la prise en charge précoce des personnes qui seraient infectées comme une priorité.


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Publiť le 06-07-2007




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