'); } else { document.write( ' '); } // -->
Patrouille spéciale (cellules sentinelles) pour intervention rapide
Une équipe de chercheurs de l'Unité Inserm U838, coordonnée par Frédéric Geissmann (EA219 Université Paris-Descartes) ? l'H?pital Necker-Enfants malades (AP-HP), vient de montrer, gr?ce ? une technique de microscopie in vivo, qu'une sous population de cellules du système immunitaire, surveille en permanence les tissus. Ces cellules sentinelles se déplacent très lentement le long de la paroi des vaisseaux sanguins. Présentes très rapidement sur les lieux d'une infection, elles initient une réponse inflammatoire précoce. Ces travaux sont publiés dans la revue Science du 3 ao?t 2007.
Les globules blancs, emportés par le flux sanguin, surveillent les tissus en se dépla?ant dans les vaisseaux. Lorsqu'un tissu est infecté ou endommagé, ces globules blancs sont recrutés des vaisseaux sanguins jusqu'aux tissus. Une fois arrivés sur le lieu de l'infection, ils créent une réaction inflammatoire et combattent les microbes.
Gr?ce ? une nouvelle technique de microscopie dite - intravitale -, Cédric Auffray, chercheur post-doctoral dans l'Unité Inserm 838, a étudié la circulation dans les vaisseaux sanguins et les tissus de certains de ces globules blancs, appelés monocytes. Ces monocytes, marqués génétiquement par une protéine fluorescente, ont été examinés et filmés in vivo en temps réel dans des conditions stables ou inflammatoires. Les monocytes ont également été purifiés ? partir des tissus, et l'expression de l'ensemble de leurs gènes a été étudiée.
A partir de ces observations, les chercheurs de l'Inserm ont caractérisé une population de monocytes qui parcourt continuellement la paroi des vaisseaux dans les tissus sains (? une vitesse de 1 mm/h en moyenne) et ce, sans tenir compte du sens du flux sanguin. - Nous les avons dénommés monocytes - résidents -, déclare Frédéric Geissmann.
L'équipe de l'Inserm a montré que ce comportement spécifique de - patrouille - était du ? la présence ? la surface des monocytes, d'une molécule d'adhérence, l'intégrine LFA1 et d'un récepteur ? la fractalkine, CX3CR1.
Ce nouveau mode de déplacement des monocytes résidents leur confère un avantage principal : la rapidité d'intervention. En réponse ? une infection, ils traversent très rapidement l'endothélium vasculaire et envahissent les tissus. Véritables patrouilles de surveillance, ces monocytes produisent alors des médiateurs de l'inflammation et des molécules chimiotactiques, qui attirent d'autres types de cellules immunitaires nécessaires ? la lutte contre les infections. Par la suite, ils se différencient en macrophages qui peuvent contribuer ? la réparation tissulaire. Au contraire, les autres monocytes traversent plus tardivement et se différencient en un autre type cellulaire (les cellules dendritiques).
C'est la première fois que des scientifiques visualisent in vivo le parcours de cellules le long de la paroi des vaisseaux dans un organisme adulte. Cette découverte ouvre la voie ? la compréhension d'autres phénomènes. Lors de la formation de lésions consécutives ? certaines maladies inflammatoires comme l'athérosclérose, on observe par exemple, l'accumulation de ce type de monocyte dans la paroi des artères. Le laboratoire poursuit ce type de travaux et étudie actuellement la contribution des différentes populations de monocytes lors de l'inflammation, des infections, et des tumeurs, chez l'homme et la souris, pour mieux comprendre leur mécanismes et imaginer de nouveaux traitements.
Publié le 20-08-2007