Alimentation carnée et risque cancéreux

Les auteurs, le Dr Genkinger et le Dr Koushik, respectivement de l'université Georgetown ? Washington et de l'université de Montréal au Québec, dans un article de décembre 2007, publié dans le journal médical PLoS Medicine ( Public Library of Science ), étudient la relation entre la consommation de viandes et le risque de cancer.

Les larges variations internationales de l'incidence de cancers, et les résultats d'analyses sur les populations migrantes, suggèrent que les facteurs environnementaux tels que l'alimentation sont associés avec le risque de cancer.

L'alimentation carnée, telle celle ayant comme origine le boeuf, varie de un ? trois ? travers le monde et sa consommation est la plus élevée dans les pays développés.

Basées sur les recherches précédentes des Drs Richard Doll et Richard Peto, il a été estimé que 35 % des cancers peuvent ?tre attribués ? l'alimentation, ce qui est équivalent en magnitude aux cancers provoqués par le tabac. La relation entre l'alimentation carnée et le risque de cancer a été rapportée dans plus d'une centaine d'études épidémiologiques provenant de nombreux pays ayant des habitudes alimentaires différentes.

Bien que l'association entre alimentation carnée et cancer puisse ?tre partiellement expliquée par une alimentation ? haute énergie ou contenant beaucoup de graisses, il est possible, selon les auteurs, qu'il y ait un r?le direct de composés potentiellement carcinogènes que l'on trouve dans les viandes.

Ces composés ainsi que d'autres composés présents dans les viandes peuvent théoriquement augmenter la synthèse du DNA et la prolifération cellulaire, augmenter les taux des facteurs de croissance de l'insuline-like, affecter le métabolisme hormonal, promouvoir les dommages provoqués par les radicaux libres et produire des amines carcinogènes.

La relation ? ce jour la plus établie est entre l'alimentation carnée et l'incidence du cancer colo-rectal. Les résultats de méta-analyses récentes montrent une association positive entre la consommation de viandes et le risque de cancer de l'estomac, bien que les résultats aient été hétérogènes. Quelques études ont montré une association probable avec le cancer de la vessie, le cancer du sein, le cancer de l'endomètre, les gliomes, le cancer du pancréas et le cancer de la prostate. De leur étude les auteurs ont trouvé un risque augmenté de 24 % pour le cancer colo-rectal. Ils ont également trouvé une augmentation du risque pour les cancers de l'oesophage, du foie et des poumons.

En résumé selon les auteurs les viandes ou les charcuteries apparaissent ?tre en relation positive avec le risque de cancer du c?lon et du rectum, de l'oesophage, du foie, du poumon et du pancréas. Cette étude n'apporte par contre que peu de soutien aux associations avec d'autres cancers. Globalement les facteurs de risques les plus élevés du cancer sont la cigarette et l'obésité.

Les auteurs soulignent qu'il est nécessaire de tenter de comprendre les interactions complexes entre l'alimentation, la cigarette et l'obésité. Ces renseignements apporteront des explications sur l'étiologie de ces relations et sur la prévention de ces cancers.


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Publiť le 24-01-2008




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