R?le inattendu d'une population de neurones dans la dépendance aux drogues

La prévalence des dépendances aux drogues ( alcool et drogues illicites ) est de 9 millions de personnes en Europe, engendrant un coût de 57 milliards d'euros par an. La maladie de Parkinson touche quant à elle 1,2 millions de personnes et coûte 11 milliards d'euros par an.

Les équipes d'Alban de Kerchove d'Exaerde, chercheur qualifié FNRS et de Serge Schiffmann, au sein du Laboratoire de neurophysiologie de la Faculté de médecine de l'ULB viennent de faire une avancée importante face à ces deux maladies: ils ont mis en évidence le rôle inattendu d'une population de neurones dans la dépendance aux drogues et le contrôle moteur. Leur recherche est publiée dans la revue Nature Neuroscience du 8 mars 2009.

La dépendance aux drogues et la maladie de Parkinson impliquent respectivement un excès ou un déficit du neurotransmetteur dopamine. La dopamine est surtout libérée dans une région du cerveau - le striatum - impliquée à la fois dans la récompense, donc la dépendance aux drogues et dans le contrôle moteur. Cette région est constituée principalement de deux populations de neurones dont les rôles respectifs restaient jusqu'ici très discutés.

Les chercheurs du Laboratoire de neurophysiologie de l'ULB ont détruit une de ces deux populations de neurones dans un nouveau modèle de souris transgénique : ils ont ainsi démontré in vivo qu'une de ces deux populations de neurones - les neurones striatopallidaux - inhibe l'activité motrice tout comme elle inhibe la préférence et la mémorisation induite par la prise de drogue.

En d'autres termes, les souris dépourvues de cette population de neurones ont une augmentation d'activité locomotrice et, de façon plus inattendue, elles ont une plus grande préférence et pendant plus longtemps pour l'endroit où elles reçoivent de la drogue.

En mettant en évidence le rôle inattendu de cette population de neurones, les chercheurs ouvrent d'intéressantes perspectives thérapeutiques, soit en stimulant cette population de neurones dans le cas de la dépendance aux drogues; soit en inhibant ces neurones dans la maladie de Parkinson.

Publication : Durieux P.F., Bearzatto B., Guiducci S., Buch T., Waisman A., Zoli M., Schiffmann S.N. and de Kerchove d'Exaerde A., D2R-Striatopallidal neurons inhibit both locomotor and drug reward processus, Nature Neuroscience, Published online: 8 March 20097 dol :10. 10387nn.2286


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Publiť le 25-03-2009




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