De nouveaux résultats suggèrent que la biopsie de la prostate n'est pas toujours nécessaire

Les chercheurs de l'école de Médecine de l'université de Wake Forest associés aux chercheurs de l'université Wisconsin-Madison aux USA ont découvert que des taux augmentés de PSA ( antigène spécifique de la prostate ) peuvent être causés par une hormone présente dans l'organisme et que ces taux ne sont pas nécessairement prédicteurs de la nécessité de pratiquer une biopsie de la prostate.

Traditionnellement les taux élevés de PSA sont un signe potentiel de cancer de la prostate. Celà a conduit à une utilisation répandue du dosage de la PSA. Cependant, les chercheurs ont trouvé que l'hormone parathyroïdienne, une substance que l'organisme produit pour réguler les taux de calcium dans le sang, peut élever les taux de PSA chez des hommes sains n'ayant pas de cancer de la prostate. Ces élévations non témoins de cancer peuvent conduire à la pratique de biopsies non nécessaires qui souvent mènent à des traitements non nécessaires.

Selon le Dr Schwartz, Ph.D., M.P.H., professeur associé de biologie du cancer et d'épidémiologie à l'école de Médecine, la PSA est un reflet de l'activité prostatique mais pas nécessairement de cancer. Une inflammation ou d'autres facteurs peuvent élever les niveaux de PSA. Si ces niveaux sont élevés les patients sont habituellement dirigés vers une biopsie. Le problème est que, étant donné le vieillissement des hommes, ceux-ci développent souvent des cancers microscopiques dans la prostate qui sont médicalement insignifiants. S'il n'étaient pas décelés par une biopsie, ces cancers médicalement insignifiants, ne se développant jamais en cancer de prostate mortels, ne seraient jamais constaté.

Etant donné que le dépistage par le PSA est devenu si commun, plus d'hommes sont biopsiés. La plupart des hommes lorsqu'on leur dit être porteur du cancer de la prostate souhaitent un traitement même s'il est possible qu'il ne soit pas nécessaire. En réalité, selon le professeur Schwartz, seul un homme sur six dépisté par une biopsie de la prostate a un cancer qui pourrait être fatal s'il n'était pas traité.

Les taux élevés de biopsie prostatique conduisent à trop de traitements du cancer de la prostate menant ainsi à plus d'effets secondaires de la thérapeutique incluant l'impuissance et l'incontinence urinaire.

L'étude conjointement signée par le Dr Halcyon G. Skinner, Ph.D., M.P.H., de l'Université du Wisconsin-Madison, est publiée en novembre 2009 dans le journal médical Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention. Cette étude a analysé les données provenant de 1.273 hommes ayant participé à une enquête nationale. Ils n'avaient aucun antécédent d'affection ou inflammation de la prostate, n'avaient pas eu de biopsie dans les mois précédents ou d'histoire de cancer de la prostate.

Après ajustement pour l'âge, la race ou l'obésité ( parce que les taux de PSA augmentent avec l'âge, sont plus élevés chez les hommes de race noire et sont plus bas chez les personnes en surpoids ), les chercheurs ont trouvé que les taux sanguins élevés d'hormone para thyroïdienne correspondaient à des taux élevés de PSA. Chez les hommes dont les taux d'hormone para thyroïdienne étaient à la limite supérieure de la normale, les taux de PSA furent élevés de 43 %, les plaçant ainsi dans la zone où les urologues recommandent de pratiquer une biopsie.

Ces résultats sont particulièrement significatifs pour les hommes de couleur. Environ 20 % des hommes de couleur ont des taux élevés d'hormone para thyroïdienne en comparaison avec les 10 % chez les hommes blancs ce qui signifie que les noirs ont une plus grande probabilité de se faire recommander une biopsie et en conséquence d'avoir des traitements complémentaires.

Pour les auteurs, ce travail va permettre aux scientifiques de mieux cerner les résultats des tests de dépistage de la prostate pour mieux différencier les hommes chez qui une biopsie est nécessaire de ceux chez qui elle peut être épargnée. Il est probable, selon le Dr Schwartz, qu'il y a un grand nombre d'hommes qui ont des taux élevés de PSA dus à une élévation des taux hormonaux para thyroïdiens plutôt que par un cancer de la prostate.

Bien que l'hormone para thyroïdienne contrôle de manière principale les taux de calcium dans le sang, des études récentes ont montré que cette hormone pouvait favoriser la croissance des cellules cancéreuses de la prostate. La recherche actuelle des auteurs Schwartz et Skinner est la première à suggérer que l'hormone para thyroïdienne peut également promouvoir la croissance de cellules prostatiques chez les hommes s'n'ayant pas de cancer de la prostate.


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Publiť le 09-11-2009




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