Contamination de l'eau en bouteille par des sous-produits de désinfection, d'engrais ou de médicaments

Selon un article des scientifiques Olga Naidenko et collaborateurs, paru dans la publication Environmental Working Group le 15 octobre 2008, l'eau en bouteille de 10 marques importantes aux Etats-Unis contient de nombreux polluants.

Le groupe environnemental Americain révèle que dans chaque bouteille d'eau analysée ils ont retrouvé des contaminants chimiques incluant des produits toxiques. Certaines bouteilles provenant de Californie excédaient les limites légales pour les contaminants contenus dans l'eau en bouteille. Des contaminants pouvant causer le cancer fut retrouvés dans l'eau vendue dans cinq états américains.

A la différence de l'eau du robinet où les consommateurs peuvent consulter les résultats des tests chaque année, les producteurs d'eaux en bouteille ne publient pas les résultats des tests concernant les contaminants que ces eaux pourraient contenir.

Selon les auteurs, les industriels américains se cachent derrière l'affirmation que l'eau en bouteille est tenue d'avoir les mêmes standards de pureté que l'eau du robinet mais les campagnes promotionnelles publicitaires saturent leurs informations avec des images de sources de montagne.

Etant donné ces campagnes promotionnelles les consommateurs sont amenés à croire qu'ils achètent un produit ( à un prix 1.900 fois plus élevé que l'eau du robinet ), qui est purifié à un niveau bien supérieur à l'eau du robinet.

Selon les scientifiques, les tests qu'ils ont conduit indiquent fortement qu'on ne peut pas faire confiance à la pureté de l'eau en bouteille. Puisque l'industrie refuse de rendre disponibles les données pour soutenir leurs affirmations de supériorité de l'eau en bouteille, la confiance du consommateur dans leur pureté n'est tout simplement, disent-ils, pas justifiée.

Les tests conduits pour cette association par des laboratoires de qualité ont montré que 10 marques de bouteilles d'eau, achetées soit chez les grossistes soit chez des détaillants dans neuf états et dans le district de Colombia contenaient des polluants chimiques avec une moyenne de huit contaminants dans chaque marque. Au total 38 polluants différents furent identifiés Quatre marques étaient également contaminées par des bactéries. Pour deux marques les bouteilles d'eau étaient chimiquement non distinguables de l'eau du robinet. La seule différence importante était le prix.

Selon les auteurs, des produits comme les trihalomethanes ou les bromodichloromethanes retrouvés dans certaines eaux sont connus pour être cancérigènes. Des analyses conduites à l'institut d'hygiène de l'université de l'Iowa ont indiqué un éventail de polluants incluant non seulement des sous-produits de désinfection mais également des polluants urbains communs de l'eau usagée comme la caféine et les produits pharmaceutiques, des métaux lourds, des minerais comprenant de l'arsenic ou des isotopes radioactifs, des résidus d'engrais (nitrate et ammoniac) et une large gamme d'autres produits chimiques industriels identifiés comme étant des dissolvants, plastifiants, des suppresseurs de viscosité et des propulseurs.

L'étude a également inclus des tests de prolifération de cellules cancéreuses du sein, conduits à l'université du Missouri. Une marque a stimulé la croissance de ces cellules cancéreuses de 78 %. L'adjonction de produits chimiques bloquant les oestrogènes a inhibé cet effet montrant ainsi que l'eau contenait des produits chimiques mimant les oestrogènes, une hormone liée au cancer du sein. Bien que ce résultat fut considéré comme étant modeste relativement à la puissance nocive d'autre composés chimiques le volume vendu de cette marque d'eau augmente la signification de ces résultats au niveau de la santé.

Selon les auteurs si vous achetez de l'eau en bouteille vous ne savez pas ce que vous obtenez. Les conséquences au niveau santé publique de l'exposition à ces complexes de contaminants pouvant se retrouver dans les bouteilles d'eau n'ont jamais été étudiées. A l'inverse de l'eau publique les compagnies délivrant de l'eau en bouteille ne sont pas tenues de notifier à leurs consommateurs l'occurrence des contaminants pouvant être inclus et dans la plupart des états américains de dire aux consommateurs d'où vient l'eau, si et comment, elle est purifiée.

Les auteurs recommandent que l'eau en bouteille doive se conformer aux mêmes normes que l'eau du robinet, révéler les résultats des tests pour tous les contaminants, les rendre facilement disponibles au public, révéler les techniques de traitement employées pour épurer l'eau et révéler le nom et l'endroit de prélèvement de l'eau de source.


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Publiť le 03-11-2008


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