Le soutien scolaire accordé aux enfants atteints du trouble du déficit de l'attention-hyperactivité pourrait rater sa cible

Une nouvelle étude, dont les résultats seront publiés dans l'American Journal of Psychiatry le 1er novembre 2011, réalisée à l'Université de Montréal indique que c'est l'inattention, plutôt que l'hyperactivité, qui constitue l'indicateur le plus important lorsqu'il est question de terminer les études secondaires. Les enfants souffrant de problèmes d'attention ont besoin d'une intervention de prévention au début de leur développement, a expliqué l'auteur principal, le docteur Jean-Baptiste Pingault, également affilié au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine. Les chercheurs en sont venus à cette conclusion après avoir examiné des données recueillies auprès des parents et des enseignants de 2000 enfants, pendant une période s'échelonnant sur près de 20 ans.

Au cours de cette étude, les problèmes d'attention ont été évalués par des enseignants à l'affût de comportements comme l'incapacité de se concentrer, l'inattention ou la tendance à abandonner ou à se laisser facilement distraire. L'hyperactivité a été associée à des comportements d'agitation, au fait de courir sans arrêt, de se tortiller et de ne pas tenir en place. Les chercheurs ont découvert que seulement 29 pour cent des enfants souffrant de problèmes d'attention terminent leurs études secondaires, comparativement à 89 pour cent des enfants qui ne manifestaient pas ces problèmes. Et quand il est question d'hyperactivité, la différence est moindre, soit 40 pour cent, comparativement à 77 pour cent. Après avoir corrigé les données en fonction d'autres facteurs d'influence, notamment le statut socioéconomique et les problématiques de santé associées au THADA, l'inattention représentait encore un pourcentage élevé, ce qui n'était pas le cas de l'hyperactivité.

Au sein du système scolaire, les enfants aux prises avec des problèmes d'attention sont souvent oubliés parce que, contrairement aux hyperactifs, ils ne perturbent pas la classe, a déclaré la professeure Sylvana Côté, qui a dirigé les travaux. Toutefois, nous savons que nous pouvons habituer les enfants à être attentifs par l'intermédiaire d'activités appropriées et que cela peut favoriser leur réussite scolaire.

Les résultats de l'étude ont été publiés lorsque des experts en santé mentale ont commencé à débattre s'il était ou non approprié de séparer les problèmes d'hyperactivité et d'inattention dans la prochaine édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Ces deux enjeux de santé ont maintenant été étudiés de manière plus approfondie et il se pourrait que nous ayons maintenant besoin de définir un type différencié d'inattention qui soit indépendant de l'hyperactivité, pour améliorer notre compréhension du phénomène et mieux concevoir les interventions, a ajouté le docteur Pingault.

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Publié le 14-09-2011


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