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Les jeunes hommes impulsifs de famille pauvre qui sont insuffisamment encadrés et qui ont des camarades déviants sont plus susceptibles de commettre des actes criminels qui les mènent au tribunal de la jeunesse, selon une nouvelle étude publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry.
La conclusion la plus étonnante tirée de cette étude, menée pendant 20 ans par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université de Gênes, est la manière dont l'aide fournie par le système judiciaire pour les jeunes accro?t le risque que les jeunes hommes se livrent ? des activités criminelles au début de l'?ge adulte.
Le risque d'avoir des démêlés avec la justice ? l'?ge adulte augmentait de près de sept fois chez les jeunes hommes qui étaient passés par le système judiciaire pour les jeunes, comparativement ? ceux qui avaient des antécédents similaires sans jamais avoir fait face ? la justice , affirme Richard E. Tremblay, un des coauteurs de l'étude, professeur en psychologie, pédiatrie et psychiatrie ? l'Université de Montréal et chercheur au CHU Sainte-Justine.
L'équipe de recherche s'est intéressée ? des jeunes hommes ? risque d'avoir un comportement délinquant. Ils ont recruté des participants ? partir de la maternelle de 53 écoles issues des quartiers les plus pauvres de Montréal. Quelque 779 de ces jeunes ont été interrogés chaque année, entre l'?ge de dix ans et l'?ge de dix-sept ans. Au milieu de la vingtaine, 17,6 % des participants avaient un casier judiciaire de délinquant adulte pour des infractions comprenant notamment homicide (17,9 p. 100), incendie criminel (31,2 %), prostitution (25,5 %), possession de drogue (16,4 %) et conduite avec facultés affaiblies (8,8 %).
Plus l'aide fournie par le système judiciaire pour les jeunes était intense, plus ses résultats étaient négatifs, souligne le professeur Tremblay. Nos conclusions sont d'autant plus importantes que le système judiciaire pour les jeunes au Québec a la réputation d'être parmi les meilleurs. La plupart des pays consacrent des ressources financières considérables aux programmes et aux établissements qui regroupent des jeunes déviants afin de leur venir en aide. Le problème, c'est qu'un comportement délinquant est contagieux, en particulier chez les adolescents. Le fait de mettre ensemble des adolescents déviants crée une culture de la déviance, qui accro?t la probabilité d'un comportement déviant permanent.
Il existe deux solutions ? ce problème, ajoute le professeur Tremblay. La première est la mise en oeuvre de programmes de prévention avant l'adolescence, lorsque les enfants ? problème sont plus réceptifs. La deuxième consiste ? réduire au minimum la concentration de jeunes ? problèmes dans les programmes judiciaires pour les jeunes, ce qui réduit le risque de contamination par les pairs.
L'article intitulé Iatrogenic effect of juvenile justice , publié dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry, a été rédigé par Uberto Gatti, de l'Université de Gênes (Italie), et Richard E. Tremblay et Frank Vitaro, de l'Université de Montréal/du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine (Canada).